Lors de son interview de Paul Veyne, normalien, agrégé de grammaire, professeur honoraire au Collège de France, Christophe Ono-dit-Bio reçoit du grand historien de l’Antiquité la confidence provocatrice et "étrange" selon laquelle il faut supprimer le latin et le grec dans le secondaire :
Paul Veyne : « si vous voulez apprendre la latin de façon utile pour pouvoir le lire, il faut faire comme au temps des Jésuites, 20h par semaine ou rien; ce qu'on fait actuellement est une espèce de butte témoin, de reste, de moignon qui n'a aucun sens, qui a pour vertu de dégoûter les gens du latin ; alors qu'on supprime cela !  de toute façon les gens s'intéressent fortement à l'Antiquité classique gréco-romaine, ne seraient-ce que les péplum qui sont tout de même un symptôme, [..] qu'on fonde un institut solide, spécialisé dans le latin et le grec, de même qu'il y a l'institut des Langues orientales vivantes ».
Christophe Ono-dit-Bio : « Oui mais le gamin qui était comme vous, le Paul Veyne gamin, le héros de Et dans l'Éternité je ne m'ennuierai pas, (Albin Michel, 2014), qui trouve un bout d'amphore à 8 ou 9 ans, et qui du coup va se prendre de passion pour cette civilisation romaine puis grecque, et qui goûte au latin dans le système républicain, avec vous, il ne peut plus alors ! »
Retrouvez la suite de l'interview : http://www.lepoint.fr/culture/paul-veyne-les-metamorphoses-d-ovide-le-livre-latin-le-plus-amusant-26-11-2014-1884707_3.php


Pourquoi parle-t-on si peu latin et/ou grec dans les cours de langue latine et grecque ? En quoi l'usage SYSTÉMATIQUE du dictionnaire serait-il un atout pour les langues dites "anciennes" à la différence de toutes les autres ?


 

Pourquoi,  au sein d'autres enseignements que le latin et le grec, ne pas faire la part de l'histoire de l'Antiquité et des trouvailles en la matière : par exemple en mathématiques avec Thalès, en physique avec Archimède, en musique avec Pythagore, en dessin avec Phidias ou Praxitèle, sans parler du français et des langues étrangères bien entendu, où l'on peut décliner les nuances de l'amour sur tous les tons - le "je t'aime" venant du sentimental amo, l'allemand, l'anglais, le russe du plus désireux libet, l'espagnol Te Quiero d'un latin plus conquérant ... ?


 

Pourquoi les solutions pour enseigner le latin et le grec autrement que comme des langues mortes sont si peu appliquées ?

Il y a des méthodes passionnantes et efficaces : où est la résistance à leur application ?


 

Pour transmettre le latin et le grec aux générations futures, on peut penser à un Institut spécialisé regroupant 40 à 80 spécialistes. Une sorte de nouveau Musée d'Alexandrie, une cage aux oiseaux remplie de philologues savants donnant à lire des traductions en français à la population. Dans une logique de transferts culturels et de transmission des savoirs, c'est sans doute suffisant : c'est ce qui a permis aux textes Grecs et Latin de traverser l'époque médiévale, que ce soit par l'Occident ou par l'Orient. Mais le goût de la population pour les choses de l'Antiquité se satisfera-t-elle longtemps de cela ? Le plus sûr moyen permettre aux gens d'avoir l'envie de rencontrer et de lire des auteurs de l'Antiquité n'est-il pas de leur en avoir donné le goût à l'école ?