Ce numéro de Bellica a pour ambition de collecter des articles traitant de la présence et des interventions des femmes en contexte militaire, et ce, dans une perspective chronologique large allant de l’Antiquité au XXe siècle. Le recueil entend se placer dans la continuité d’un mouvement historiographique, initié depuis quelques années, qui réévalue justement la place et le rôle des femmes dans ce qui semblait être une affaire purement masculine.

Le sujet permet d’envisager d’abord les femmes comme victimes de guerre – plusieurs études ont récemment porté sur les viols, les déportations, la mise en esclavage, les meurtres et autres violences commises à l’occasion d’un conflit. Mais il s’agit aussi de s’intéresser aux femmes en guerre et aux femmes de guerre, soit à toutes celles qui ont joué un rôle actif. Les femmes peuvent combattre dans des contextes particuliers, notamment lors d’un siège, d’une guerre civile, d’une guérilla ou encore d’une résistance face à quelque occupation militaire – il était traditionnellement admis qu’une femme défende son foyer ou sa communauté, y compris les armes à la main. Mais il existe aussi, plus rarement, des femmes-soldats enrôlées dans les armées, après avoir caché (ou non) leur sexe. Certaines ont même dirigé des guerres (au niveau politique) et conduit des armées (au niveau stratégique, voire tactique), ce qui implique qu’elles maîtrisaient différentes formes de l’art de la guerre. Rappelons que l’un des meilleurs traités militaires du Moyen Âge a été composé par Christine de Pizan. Le statut social de ces femmes en guerre mérite une véritable réflexion, car elles ne combattent a priori pas de la même manière si elles sont issues du peuple ou de l’aristocratie, si elles sont des jeunes filles, des épouses ou des veuves, etc.

D’autres formes d’expériences féminines de la guerre, moins violentes mais tout aussi essentielles, sont à explorer. Nombreuses sont celles qui suivent les armées, avec un rôle technique et officiel (cantinières, blanchisseuses, infirmières…), parfois militaire (éclaireuses, espionnes), et souvent sexuel (prostituées, épouses de soldats…).

Reléguées aux marges des armées, elles n’en participent pas moins à la logistique militaire, à une forme d’économie de la guerre, plus ou moins profitable pour elles, et peuvent prendre, à l’occasion, une part au combat.

Enfin, il serait intéressant d’enquêter sur les rapports de la femme et du sacré en période de conflit. L’invocation et l’intervention miraculeuse de la Vierge et de saintes protectrices, les processions de reliques, les visions, ainsi que les vaticinations de prophétesses, constituent des phénomènes récurrents du récit de guerre jusqu’à nos jours.

La diversité et l’amplitude des interventions de femme en contexte guerrier permet d’interroger leurs capacités d’adaptation ou d’accommodation, et de dépasser ce statut de victimes passives que les normes de genre leur ont traditionnellement assigné. Le numéro privilégiera les articles portant sur les actions et l’expérience militaires des femmes dans la guerre, plutôt que sur les représentations de guerrières, plus ou moins fantasmées – sujet déjà très largement traité par l’historiographie récente.

Les propositions de contributions (entre 1500 et 2000 caractères espaces compris), accompagnées d’un bref curriculum vitae (1000 caractères espaces compris maximum), sont à adresser avant le 1er juin 2025 par voie électronique à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Date limite : 1er juin 2025

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